TRUMP SERA-T-IL ÉLU ?

15 avril 2024

On va pas faire monter le suspense, follohoueurs follohoueuses de mon coeur qui, sauf exception, suivez avec inquiétude la montée dans les sondages du terrible Don :

  1. Vous n’y pouvez rien, et moi non plus donc ça sert à rien de se mettre la rate au court-bouillon pour un truc où nous sommes aussi totalement, radicalement impuissants que moi sur les heurs et malheurs de mon cher O.M.
  2. Je n’en ai aucune idée et même les sondeurs professionnels qui donnent Trump à 48 % et Biden à 43 (dans le New York Times de ce jour) ne savent absolument pas ce qui va se passer en vrai dans sept mois. Pas plus, d’ailleurs, que les autres sondeurs tout aussi professionnels qui, eux, donnent Biden gagnant.

En attendant arrêtons-nous sur une des issues (cours d’anglais gratuit : une issue en anglais n’est pas une sortie, mais un problème qui, justement, peut n’avoir pas d’issue) soulevées par cette campagne : l’âge.

Pour son adversaire, à bientôt 82 ans, Joe Biden est « trop vieux » pour exercer efficacement les fonctions présidentielles. Glissons sur le fait qu’âgé lui-même de 77 ans, il n’est pas précisément un perdreau de l’année. Il veut relancer sa carrière à l’âge où Louis XIV, qui certes était roi depuis l’âge de cinq ans, passait l’arme à gauche. Dicevamo : M. Trump qui n’a pas Versailles, mais pour l’instant la Trump Tower et le domaine de Mar-a-Lago, est affligé, lui, d’un paquet d’issues : politiques, sexuelles, financières, judiciaires, elles lui sont collées aux fesses comme autant de casseroles qui au fil de la campagne vont résonner de plus en plus fort.

S’il est réélu, Biden sera à peine plus âgé que le général de Gaulle, notre « Grand Charles », qui avait 75 ans lorsqu’il entama son troisième – et dernier – mandat présidentiel – pas son plus glorieux.

Son jeune challenger de 1965, François Mitterrand, victorieux en 1981 (à 65 ans) en avait presque 80 lorsqu’il prit sa retraite au terme de son second mandat.

Baille ze ouais, je pense à l’argument de mon vieil ami Momo qui pense qu’au prix où nous payons leur retraite (salaire, locaux, secrétariat, sécurité), nous serions sages de toujours voter pour le plus vieux, car c’est celui qui nous coûtera le moins cher après son départ.

Les Français avaient eu l’audace d’élire le jeune Giscard (48 ans) en 1974. L’ayant écarté du pouvoir sept ans plus tard, ils ont financé sa coûteuse retraite pendant presque quarante ans. Pour un président qui avec l’aide de son Premier ministre prêchait la rigueur, c’est un peu long – et pas terrible pour les finances publiques.

Avec toutes les critiques qu’il suscite, M. Macron en a écarté une en annonçant qu’il renonçait à ces retraites dorées. Il prendra sa retraite à 50 ans, un âge où le Français moyen voit devant lui une quinzaine d’années de labeur cotisant pour bénéficier de sa retraite à taux plein. On a beau jeu de dire que ce « sacrifice » lui coûtera peu, car à coups de conférences cher payées et de jetons de présence dans divers conseils d’administration d’établissements financiers il aura des revenus plus que confortables. On eût aimé que ses prédécesseurs, MM. Sarkozy et Hollande, fissent preuve de la même retenue. À 69 et 70 ans, ils ne donnent aucun signe de faiblesse : non seulement ils parlent et ils publient à un rythme effarant, mais ils attendent l’un et l’autre l’appel au secours de la nation pour effectuer leur come-back.

Laissons les chevaux de retour à leurs fantasmes et parlons âge.

À quel âge est-on vieux en quoi ?

Au début du xixe siècle, la femme de trente ans de Balzac était vieille. Aujourd’hui elle prend le temps de la réflexion pour décider d’avoir un enfant. À 34 ans mon aïeule Augustine Bazat mourait en accouchant de son treizième enfant. Autres temps…

Et les hommes ?  Eux aussi ils gagnent en jeunesse.

À 30 ans, Rastignac était déjà un « homme fait » avec quatorze mille livres de rente, à 35 il était cynique et désabusé, à 42 ans il avait été deux fois ministre, à 48 ses revenus se comptaient en centaines de milliers de livres. Quand meurt-il ? Je ne m’en souviens pas et mon ami Ouiqui ne le dit pas. Peut-être est-il éternel ?

Aujourd’hui s’il a eu le privilège de l’éducation, l’homme de 30 ans finit à peine ses études et découvre la vie professionnelle, Pôle Emploi ou l’intermittence du spectacle. Les plus veinards (ou les plus tordus) font leurs premiers « coups » financiers ou politiques et deviennent bientôt « conseillers, « traders », ministres… ou présidents…

Pour les autres, selon la « pénibilité » de leur emploi, ils peuvent être fatigués, usés, « vieux » à cet âge ou encore fringants.

Il n’y a guère plus qu’en sport où la vieillesse débute à cet âge : à 26 et 27 ans, MM. Mbappé et Dupont, stars du football et du rugby français, seront « vieux » dans une dizaine d’années.

Revenons à Momo : ayant travaillé comme ébéniste – et cotisé – pendant cinquante ans, il perçoit une retraite inférieure à 1 000 euros mensuels. À 85 ans, est-il trop vieux pour travailler encore ? nécessité fait loi et on peut le voir à l’oeuvre tous les jours dans son petit atelier de la Grand-Rue au village.

Des Momo j’en connais plus d’un, « seniors » ayant dépassé l’âge de la retraite et qui travaillent encore non par goût, mais par obligation.

Il paraît qu’en espagnol, « retraite » se dit jubilación. On devrait adopter le mot. Prendre sa retraite ça vous a un côté funèbre, alors que prendre sa jubilation c’est prendre son pied, non ?

Sur ce, bonne jubilation, follohoueuses, follohoueurs !