SEPT ANS DE REFLEXION

28 juin 2019

Il y a sept ans jour pour jour, je me suis retrouvé aux urgences neurologiques de l’hôpital Lariboisière, victime d’un AVC massif. Sept ans plus tard, même si c’est à un doigt, j’écris ces lignes, donc je suis.

 Comme je l’ai exprimé dans « Partie gratuite », j’en ressens de la reconnaissance pour tous ceux dont c’était le métier de m’aider (pompiers, brancardiers, médecins et tous soignants) et qui ont réussi leur coup – pour ma famille et mes amis, qui ont uni leurs forces pour me garder avec eux.

Qu’ai-je appris  de l’expérience ? Ai-je aperçu une lueur divine, ai-je été touché de l’aile de la sagesse et baigné-je aujourd’hui dans la zénitude de ceux que rien des fracas du monde ne peut perturber ?

No, no, no !

L’événement n’a pourtant pas été sans conséquence : en dehors des quelques livres que ces années supplémentaires m’ont donné l’occasion d’écrire, je dois bien reconnaître une évolution : j’apprécie toujours à sa valeur «  ce qui compte » (l’amour, l’amitié) mais j’ai découvert que « ce qui ne compte pas vraiment » (le quotidien, la familiarité superficielle d’un voisin, l’étrangeté d’un visage croisé dans la rue ou le métro) faisait aussi partie de l’élan créatif et donnait du prix à la vie – cette misérable vie terrestre. « On n’est pas sur terre pour être heureux », me dit souvent un ami cher. A quoi je réponds plus volontiers qu’avant : «  Ni pour être malheureux. »

Profitez de la chaleur : l’hiver approche !