Au pied des cocotiers s’éparpillent les crânes éclatés,
Affreusement mal coiffés,
Inutilement répandant sur la terre,
Grise et blanche, leur précieuse matière
Tandis que les écureuils indisciplinés
Grimpent à leurs troncs déplumés
Sous l’œil indifférent des paons qui, lassés de tout,
Ont même renoncé à faire la roue,
Exposant à nos airs courroucés
Leurs petites têtes et leurs corps maigrelets.
Les masseuses se sont réfugiées à l’étage
Pour se protéger visage et corsage
Des intrusions des singes jamais sages
Un train souffle sa corne au passage
Au travers des lambeaux de brume
Baignant le pied des montagnes dénommées
« le domaine des éléphants » ;
Pas plus tard que jeudi dernier,
L’un d’entre eux, justement,
Me suis-je fait souffler,
A ignoré l’avertissement
Et à la loco a proposé son flanc ;
La rumeur ne dit pas qui a gagné…
Affaire de priorité ;
Lui aussi avait sûrement trompé
Et si le conducteur a choisi de l’ignorer
Dommage pour les passagers
Qui auraient pu, le nez au vent,
Passer la journée à contempler
Les montagnes environnant.
Les chiens ne nous ont pas suivis en revenant
Mais on les a entendus se battant
La nuit tandis que vainement
Une vache protestait en beuglant.
Avec ça il n’est tombé que trois gouttes
Qui n’ont pas dérangé les oiseaux.
